partie 2.
1988 Hanson, Richard Patrick Crosland (1916- ?), Historien Catholique. A la recherche de la Doctrine Chrétienne de Dieu : La Controverse Arienne 318-381. (Edimbourg : T. & T. Clark, c1988), pp. xix, 64, 274. BT1350 .H36 1988 / 89-151990.
A lexception dAthanase, pratiquement tous les théologiens de lEst et de lOuest acceptaient une forme de subordinatianisme au moins jusquen lan 355 ; le subordinatianisme peut effectivement être décrit comme une orthodoxie acceptée, jusquau dénouement de la controverse Aucun théologien des Eglises orientale ou occidentale na, dune façon ou dune autre, manqué de considérer le fils comme subordonné au Père, avant que néclate la controverse arienne. Nombre dentre eux ne pouvaient pas abandonner complètement un subordinatianisme consacré par une longue tradition.
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Notes de bas de page :
1.) Les écrits que nous citons sont repris de cet ouvrage :
Gibbon, Edward (1737-1794). LHistoire du Déclin et de la Chute de lEmpire Romain. Nouvelle Edition. 12 vols. (Londres : W. Strahan [etc.] 1783-1790). DG311 .G42 / 04-03393.
Il faut garder présent à lesprit que, comme les travaux de Gibbon ont été publiés à lorigine dans les années 1700, afin de comprendre la façon dont il aurait utilisé ce terme, il est important de réfléchir à la signification associée à son usage pendant la période à laquelle il écrivait. Sans cela, selon lEncyclopedia Britannica, édition de 1911, ce terme avait, dabord et avant tout, cette seule signification : « DEISME (Lat. deus, dieu), strictement la croyance en un Dieu suprême. » http://21.1911encyclopedia.org/D/DE/DEISM.htm
Clément de Rome - Lettre aux Corinthiens
L'Église de Dieu qui séjourne à Rome à l'Église de Dieu qui séjourne à Corinthe, à ceux qui ont été appelés et sanctifiés dans la volonté de Dieu, par Notre Seigneur Jésus-Christ 2. Que la grâce et la paix vous soient données du Dieu tout-puissant par le Christ Jésus en abondance
(...)
XIX, 1. Tous ces personnages si grands et si saints par leur humilité et leur abaissement sont pour nous des maîtres dans l'obéissance, et non pas pour nous seulement, mais aussi pour les générations qui nous ont précédés, pour tous ceux qui ont accueilli les paroles de Dieu dans la crainte et la vérité.
Prenons donc notre part de tant de grandes et glorieuses actions, et dirigeons à nouveau notre course vers le but qui nous a été proposé dès le commencement, vers la paix, les yeux fixés sur le Père et le Créateur de l'univers entier ; et attachons-nous aux présents magnifiques, sans prix, à tous les biens qu'il nous donne dans la paix. 3. Regardons Dieu en pensée, considérons des yeux de l'âme sa volonté longanime, réfléchissons combien il se montre indulgent envers toute sa création
XX, 11.Ainsi, dans toute sa création, le souverain Maître et créateur de l'univers a voulu que régnât la paix avec la concorde, car il désire le bien de toutes ses créatures et se montre surabondamment généreux envers nous qui avons recours à ses miséricordes par Notre Seigneur Jésus-Christ, 12. à qui soit la gloire et la majesté dans les siècles des siècles
XXXV, 1. Qu'ils sont riches et merveilleux les dons de Dieu. mes bien-aimés ! 2. La vie dans l'immortalité, la splendeur dans la justice, la vérité dans la liberté, la foi dans la confiance, la continence dans la chasteté, et ceux-là sont dès maintenant à la portée de notre intelligence. 3. Quels sont donc les biens préparés pour ceux qui l'attendent ? C'est le Créateur, le père éternel, le très saint qui en sait le nombre et la splendeur
XLII, 1. Les Apôtres nous ont annoncé la bonne nouvelle de la part de Jésus-Christ. Jésus-Christ a été envoyé par Dieu. 2. Le Christ vient donc de Dieu et les Apôtres du Christ. Cette double mission elle-même, avec son ordre, vient donc de la volonté de Dieu
XLVI, 6. N'avons-nous pas un seul Dieu, un seul Christ, un seul esprit de charité répandu sur nous, une seule vocation dans le Christ ?
LIX,4 -LX,1. Que toutes les nations connaissent que tu es toi le seul Dieu " (1 R. 8, 60) Et que Jésus-Christ est ton Fils, Et " nous-mêmes, ton peuple et le troupeau de ton bercail " (Ps 78, 13). C'est toi dont les uvres ont fait apparaître l'immortelle harmonie du cosmos, C'est toi, Seigneur, qui as fait la terre habitée, Toi qui te montres fidèle dans toutes les générations, Juste dans tes jugements, Admirable dans ta force et ta majesté, Sage dans ta création
LXI,3. Toi seul peut faire ces choses Et nous en accorder de bien plus grandes encore, Nous t'en rendons grâces par le grand prêtre et le chef de nos âmes, Jésus Christ, Par qui gloire et magnificence soit à Toi, maintenant, De génération en génération, Et dans les siècles des siècles.
X, 1,2. Nous te rendons grâces, Père saint, pour ton saint Nom que tu as fait habiter dans nos coeurs et pour la connaissance et la foi et l'immortalité que tu nous as révélées par Jésus Ton Enfant. A Toi la gloire pour les siècles. 2. - C'est Toi, Maître tout puissant, qui a créé toutes choses à cause de Ton Nom, qui as donné la nourriture et le breuvage aux hommes pour qu'ils en jouissent, afin qu'ils te rendent grâces. Mais à nous tu as daigné accorder une nourriture et un breuvage spirituels et la vie éternelle par Ton Enfant.
Ignace d'Antioche
Même si, dans certaines de ses lettres, Ignace a employé les expressions " Dieu " ou " notre Dieu " en parlant de Jésus, il ne le considérait toutefois pas comme l'égal du Père . Les citations suivantes en témoignent :
Car les très divins prophètes ont vécu selon Jésus-Christ ; c'est pourquoi ils ont été persécutés. Ils étaient inspirés par sa grâce, pour que les incrédules fussent pleinement convaincus qu'il n'y a qu'un seul Dieu, manifesté par Jésus-Christ son Fils qui est son Verbe sorti du silence, qui en toutes choses s'est rendu agréable à celui qui l'avait envoyé (cf. In 8, 29) Lettre aux Magnésiens VII, 2
Ne faîtes rien sans l'évêque, gardez votre chair comme le temple de Dieu (cf. 1 Co 3, 16 ; 6,19), aimez l'union, fuyez les divisions, soyez les imitateurs de Jésus-Christ, comme lui aussi l'est de son Père " (cf. 1 Co 11,1) Lettre aux Philadelphiens VII, 2.
Suivez tous l'évêque, comme Jésus-Christ suit son Père, et le presbyterium comme les Apôtres ; quant aux diacres, respectez-les comme la loi de Dieu Lettre aux Smyrniotes VIII,1.
Soyez donc sourds quand on vous parle d'autre chose que de Jésus-Christ, de la race de David, fils de Marie, qui est véritablement né, qui a mangé et qui a bu, qui a été véritablement persécuté sous Ponce Pilate, qui a été véritablement crucifié, et est mort, aux regards du ciel, de la terre et des enfers, 2. qui est aussi véritablement ressuscité d'entre les morts. C'est son Père qui l'a ressuscité, et c'est lui aussi, le Père , qui à sa ressemblance nous ressuscitera en Jésus-Christ, nous qui croyons en lui, en dehors de qui nous n'avons pas la vie véritable Lettre aux Tralliens IX,1,2
Hermas Le Pasteur
3,4. Vois, le Dieu des Puissances (cf. Ps 58, 6 ; etc.), celui qui, par son pouvoir invisible et supérieur, par sa grande intelligence, a créé le monde (cf. Ac 17, 24), qui, par sa glorieuse volonté, a revêtu de charme ses créatures, qui, par son verbe puissant, a solidifié le ciel (cf. Is 42, 5) et a assis la terre sur les eaux (cf. Ps 135, 6), qui, par une sagesse et une prévoyance particulières, a fondé sa sainte Église et l'a aussi bénie, vois, il déplace les cieux et les montagnes (cf. Ps 45, 3) et les monts et les mers et toute route devient unie pour ses élus
89, 2. Le Fils de Dieu est né avant la création tout entière, si bien qu'il a été le conseiller de son Père pour la création (Pr 8, 27-30)
Polycarpe Lettre aux Philippiens
que la miséricorde et la paix vous soient données en plénitude par le Dieu tout-puissant et Jésus-Christ notre Sauveur
(...)
XII,2. Que Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, et lui-même, le grand prêtre éternel, le fils de Dieu, Jésus-Christ, vous fassent grandir dans la foi et dans la vérité, en toute douceur et sans colère, en patience et longanimité, endurance et chasteté
Le martyre de Polycarpe
XIV,1. Seigneur, Dieu tout-puissant, Père de ton enfant bien-aimé, Jésus-Christ, par qui nous avons reçu la connaissance de ton nom, Dieu des anges, des puissances, de toute la création, et de toute la race des justes qui vivent en ta présence
Justin Martyr
Quand il écrit, dans sa Première Apologie, VI :
Voici le Dieu que nous adorons, et avec lui son fils qu'il a envoyé et qui nous a instruits, et enfin l'esprit prophétique; après eux, l'armée des bons anges, ses satellites et ses compagnons reçoivent nos hommages. Devant eux nous nous prosternons avec une vraie et juste vénération. Voilà ce culte tel que nous l'avons appris et tel que nous sommes heureux de le transmettre à tous ceux qui sont désireux de s'instruire
Justin semble s'être écarté du " modèle des paroles salutaires " (1 Tim. 1:13), en matière de culte et d'adoration voir Colossiens 2:18, Révélation 22:8,9. Toutefois, " adorer " le " fils " ne signifiait pas nécessairement que Justin considérât Jésus comme l'égal de son Père (voir Matthieu 2:11), comme le montrent les citations suivantes:
D'ailleurs toutes ces persécutions dont j'ai parlé, elles ont été prédites par notre maître, le fils et l'envoyé du père et du souverain de l'univers, Jésus-Christ, à qui nous devons notre glorieux nom de chrétien Première Apologie, XII
Nous vous montrerons aussi que nous adorons justement celui qui nous a enseigné toutes choses, et qui a été engendré pour cela, Jésus-Christ ... en qui nous voyons le Fils du vrai Dieu, et que nous mettons au second rang et en troisième lieu, l'Esprit prophétique. Quelle folie, nous dit-on, de mettre à la seconde place après le Dieu immuable, éternel, créateur de toutes choses, un homme crucifié. Première Apologie, XIII
La première puissance après le Père et le maître de l'univers, c'est le Verbe, qui est aussi le Fils Première Apologie, XXXII
Or, le Verbe de Dieu est son fils, nous l'avons dit. Il est aussi appelé l'Ange et l'Apôtre; car il annonce tout ce qu'on doit savoir, et il est envoyé pour marquer ce qui est annoncé, comme Notre-Seigneur nous l'a dit lui-même : "Celui qui m'écoute, écoute celui qui m'a envoyé." C'est ce que prouvent encore les écrits de Moïse, où nous lisons : "Et l'Ange de Dieu parla à Moïse dans la flamme du buisson ardent, et dit : Je suis le Vivant, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, le Dieu de tes pères. Descends en Egypte, et fais-en sortir mon peuple." (...) ils [les Juifs] prétendent qu'il s'agit ici de Dieu le Père éternel, que c'est lui qui a parlé. (...) Ainsi donc, ils méritent bien le reproche de ne connaître ni le Père ni le Fils, ces Juifs qui pensent que c'est le Père éternel qui a parlé à Moïse, tandis que c'est le Fils de Dieu, son Ange et son Apôtre Première Apologie, LXIII
Et son Fils, qui seul est appelé Fils au sens propre, le Verbe qui était également avec Lui et fut engendré avant les uvres, quand au début il créa et arrangea toutes choses par Lui, est appelé Christ Deuxième Apologie, VI
Il y a (...) un autre Dieu et Seigneur [Jésus] soumis au Créateur de toutes choses; qui est appelé Ange parce qu'il annonce aux hommes tout ce que le Créateur de toutes choses (...) veut leur annoncer (...) celui qui est appelé Dieu [Jésus] est distinct de Celui qui fit toutes choses, j'entends dans le nombre, et non pas [distinct] dans la pensée Dialogue avec Tryphon, LVI
Tatien
Et par sa simple volonté, le Logos sort, et le Logos ne sortant pas en vain, devient l'uvre première engendrée du Père Discours aux Grecs, V
Irénée de Lyon
Si Celui qui est descendu et remonté est le Verbe du Père, le Fils unique du Dieu unique, incarné pour les hommes selon le bon plaisir du Père, alors Jean ne parle ni d'un autre ni d'une prétendue Ogdoade, mais bien du Seigneur Jésus-Christ Contre les hérésies ; Livre I, 9,3
Il convient donc que nous commencions par le point premier et le plus fondamental, à savoir par le Dieu Créateur qui a fait le ciel et la terre et tout ce qu'ils renferment, ce Dieu que ces blasphémateurs appellent « fruit de déchéance » : nous allons montrer qu'il n'y a rien qui soit ni au-dessus de lui ni après lui et qu'il a fait toutes choses, non sous la motion d'un autre, mais de sa propre initiative et librement, étant le seul Dieu, le seul Seigneur, le seul Créateur, le seul Père, le .seul qui contienne tout et donne l'être à tout Contre les hérésies Livre II, 1,1
Et que ce Dieu soit le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, cela aussi l'apôtre Paul l'a dit : « IL n'y a qu'un seul Dieu, le Père, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous et qui est en nous tous. » Déjà nous venons de montrer qu'il n'y a qu'un seul Dieu, mais nous le montrerons encore par les écrits des apôtres eux-mêmes et par les paroles du Seigneur Contre les hérésies; Livre II; 2,6
Le Seigneur voulait que nous sachions, par lui, que le Père est au-dessus de tout. Car le Père, dit-il, est plus grand que moi. (...) Donc le Père a été présenté par le Seigneur comme supérieur sous le rapport de la science. Contre les hérésies; Livre II, 28, 8-9.
Et tous ceux-là nous ont transmis l'enseignement suivant : un seul Dieu, Créateur du ciel et de la terre, qui fut prêché par la Loi et les prophètes, et un seul Christ, Fils de Dieu. Si donc quelqu'un leur refuse son assentiment, il méprise ceux qui ont eu part au Seigneur, méprise aussi le Seigneur lui-même, méprise enfin le Père ; il se condamne lui-même, parce qu'il résiste et s'oppose à son salut, ce que font précisément tous les hérétiques Contre les hérésies; Livre III, 1,2
L'Eglise de Rome adressa alors aux Corinthiens une très importante lettre pour les réconcilier dans la paix, renouveler leur foi et leur annoncer la Tradition qu'elle avait naguère reçue des apôtres, à savoir : un seul Dieu tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, qui a modelé l'homme, fait venir le déluge, appelé Abraham, fait sortir son peuple de la terre d'Egypte, conversé avec Moïse, donné la Loi, envoyé les prophètes, préparé un feu pour le diable et ses anges. Que ce Dieu-là même soit annoncé par les Eglises comme étant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ Contre les hérésies Livre III, 3,3
Que telle soit bien la vérité, Paul lui-même l'assure : « Nous savons qu'une idole n'est rien et qu'il n'y a de Dieu que le Dieu unique. En effet, s'il y a des êtres appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, pour nous il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et vers qui nous allons, et qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui viennent toutes choses et par qui nous allons. » Par là il distingue et sépare les êtres qui sont appelés dieux, mais qui ne le sont pas, du seul Dieu, le Père, de qui tout vient, et, parlant absolument, il confesse de la façon la plus catégorique un seul Seigneur Jésus-Christ Contre les hérésies; Livre III, 6,5
Qu'il s'agisse en effet des Anges, des Archanges, des Trônes ou des Dominations le Dieu qui est au-dessus de toutes choses les a tous créés et faits par l'entremise de son Verbe. C'est ce que Jean indique expressément, car, après avoir dit du Verbe de Dieu qu'il était dans le Père, il ajoute : « Tout a été fait par son entremise et, sans lui, rien n'a été fait. » Contre les hérésies; Livre III, 8,3
De son côté, le Seigneur lui-même n'a pas enseigné à ses disciples d'autre Dieu et Seigneur que son Père, qui est le seul Dieu et qui domine sur toutes choses (...) Il n'y a donc qu'un seul et même Dieu, le Père de notre Seigneur Contre les hérésies; Livre III, 9,1
C'est toutes ces erreurs que voulut éliminer le disciple du Seigneur, et en même temps établir dans l'Église la règle de vérité, à savoir qu'il n'y a qu'un seul Dieu tout-puissant qui, par son Verbe, a fait toutes choses, les visibles et les invisibles Contre les hérésies; Livre III, 11,1
Tels sont les commencements de l'Evangile : ils annoncent un seul Dieu, Créateur de cet univers, qui fut prêché par les prophètes et donna la Loi par l'entremise de Moïse ; ils proclament que ce Dieu est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ et, en dehors de lui, ils ne connaissent point d'autre Dieu ni d'autre Père Contre les hérésies; Livre III, 11,7
C'est donc le Fils de Dieu et sa venue, encore ignorés des hommes, qu'annonçaient les apôtres à ceux qui avaient déjà été instruits sur Dieu, mais ils n'introduisaient pas un autre Dieu pour autant. Car, si Pierre avait connu quelque doctrine de ce genre, il aurait librement prêché aux païens qu'autre était le Dieu des Juifs et autre celui des chrétiens ; et, comme ils étaient effrayés à cause de la vision de l'ange, ils auraient cru tout ce qu'il leur aurait dit. Mais les paroles de Pierre montrent que, d'une part, il a gardé le Dieu qui leur était déjà connu, et que, de l'autre, il leur a attesté que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Juge des vivants et des morts Contre les hérésies; Livre III, 12,7
Tout l'enseignement des apôtres annonce donc un seul et même Dieu, qui a fait émigrer Abraham, lui a promis l'héritage, lui a donné l'alliance de la circoncision au temps opportun, a rappelé d'Egypte sa descendance conservée d'une façon visible grâce à cette circoncision car c'est comme un signe que Dieu la leur avait donnée, pour qu'ils ne fussent pas semblables aux Égyptiens ; et c'est ce Dieu-là qui est le Créateur de toutes choses, c'est lui le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, c'est lui le Dieu de gloire Contre les hérésies; Livre III, 12,11
Ainsi donc, il n'y a qu'un seul et même Dieu. C'est lui qui roule les cieux comme un livre et qui renouvelle la face de la terre. C'est lui qui a fait les choses temporelles pour l'homme (...) C'est lui qu'ont annoncé la Loi et les prophètes et que le Christ a reconnu pour son Père. Il est le Créateur, et il est aussi le Dieu au-dessus de toutes choses ". Contre les hérésies; Livre IV, 5, 1
Clément d'Alexandrie
Autrefois, le peuple antique [les israélites] avait une ancienne alliance, et la Loi disciplinait le peuple avec crainte, et la Parole [Jésus] était un ange; mais au nouveau peuple [les chrétiens] a aussi été donnée une nouvelle alliance, et la Parole est apparue, et la crainte fût changée en amour, et cet ange mystique est né Jésus Le Pédagogue, livre I, VII
Maintenant, que le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus est bon, la Parole elle-même l'attestera encore Le Pédagogue, livre I, VIII
Car la Parole elle-même est le mystère manifeste: Dieu en homme, et homme Dieu. Et le Médiateur éxécute la volonté du Père; Car le Médiateur est la Parole, qui, est à la fois le Fils de Dieu, le Sauveur des hommes Le Pédagogue, livre III, I
Et ayant été appelé 'bon' (...) il [Jésus] commence son enseignement avec cela, tournant le regard vers Dieu, le bon, le premier et le seul dispensateur de la vie éternelle que le Fils, qui l'a reçue de Lui, nous donne Quel est le riche qui sera sauvé? VI
Pour connaître le Dieu éternel, le donateur de ce qui est éternel, et par connaissance et compréhension pour posséder Dieu, qui est le premier, le plus haut, un, et bon Quel est le riche qui sera sauvé? VII
Autrement, nous avons entendu qu'il a été dit: " La tête du Christ est le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ " Les Stromates, livre V, chap.VI
Dans le chapitre XIV de ce même livre, Clément parle de la " Sainte Trinité ". Toutefois, il ne laisse pas entendre que le Fils est l'égal du Père:
Je ne comprends rien d'autre que ce que cela doit signifier : la Sainte Trinité; Car le troisième est le Saint Esprit, et le Fils est le second, par lequel toutes choses furent faites en accord avec la volonté du Père
Mais la nature du Fils, qui est le plus proche de Celui [Dieu] qui est seul le Tout-Puissant, est la plus parfaite, la plus sainte, la plus puissante (...) Voici l'excellence la plus haute [celle du Fils] qui ordonne toutes choses en accord avec la volonté du Père (...) Lui, le Fils, est, par la volonté du Père Tout-Puissant, la cause de toutes bonnes choses (...) Les Stromates, livre VII chap. II
Dans son Exhortation aux païens, chap. X, Clément écrit: " Ce n'est pas sans attention divine qu'une si grande uvre fût accomplie en si peu de temps par le Seigneur [Jésus], qui bien que méprisé quant à l'apparence, fût en réalité adoré, l' expiateur du péché, le Sauveur, le clément, la Parole Divine, Lui qui est vraiment la Déité la plus manifeste, Lui qui est rendu égal au Seigneur de l'univers, parcequ'il était Son Fils, et que la Parole était en Dieu ". Clément considérait-il Jésus comme l'égal de son Père, au sens absolu du terme? Non, car, plus loin, dans cette même lettre, parlant de Jésus venant parmi les hommes, il écrit qu'il " a commencé à paraître sur le conseil de son Père plus vite que le soleil" . Il écrit encore:
Si cela est ton souhait, sois aussi initié, et tu rejoindras le chur parmi les anges autour de l'inengendré, l'indestructible et le seul vrai Dieu, la Parole de Dieu faisant monter l'hymne avec nous. Ce Jésus, qui est éternel, l'unique grand Prêtre Élevé de l'unique Dieu, et de Son Père, prie pour les hommes et les exhorte: " Écoutez, vous, myriades de tribus, (...), à la fois Barbares et Grecs, j'appelle la race humaine tout entière, dont je suis le Créateur, par la volonté du Père. "
Si donc Clément présente Jésus comme étant distinct de " l'inengendré, l'indestructible et le seul vrai Dieu ", comme " l'unique grand Prêtre Élevé de l'unique Dieu " , celui qui " prie [Dieu] pour les hommes " , l'égalité dont il parle plus haut ne peut être que relative, sous certains rapports seulement. Comme en témoignent les citations précédentes, Jésus est présenté comme étant subordonné à la " volonté ", ou au " conseil " de son Père.
Origène
Car les Saintes Ecritures Le reconnaissent [le Fils] comme la plus ancienne de toutes les uvres de création, car c'est à Lui que Dieu dit, à propos de la création de l'homme: " Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance " Contre Celse; Livre V, chap. XXXVII
Notre devoir est de prier le seul Dieu, le Plus Haut, ainsi que l'Unique-engendré, le Premier-né de toute la création, et de lui demander, à lui notre Grand-Prêtre, de présenter les prières qui montent de nous vers lui, à Son Dieu et notre Dieu, Son Père et le Père de ceux qui dirigent leur vie selon Sa parole Contre Celse; Livre VIII, chap. XXVI
Commentant Jean 1:1, et la façon dont le mot " Dieu " est employé avec ou sans l'article défini, Origène écrit:
[Jean] ajoute l'article au [mot] Logos, mais au nom " Dieu " il l'ajoute seulement quelques fois. Il emploie l'article, quand le nom " Dieu " se réfère à la cause incréée de toutes choses, et l'omet quand le Logos est appelé " Dieu " (...) Comme le Dieu qui est au-dessus de tout est " Dieu " avec l'article, non sans l'article, ainsi " le Logos [avec l'article]" est la source de cette raison (Logos [sans l'article]) qui habite dans chaque créature raisonnable (...) le premier-né de toute création, qui est le premier à être avec Dieu, et à attirer à lui-même la divinité, est un être d'un rang plus élevé que les autres dieux à côté de Lui, desquels Dieu est le Dieu, comme c'est écrit: " Le Dieu des dieux, le Seigneur, a parlé et a appelé la terre " (...) Le vrai Dieu, ainsi, est " Le Dieu ", et ceux qui sont formés après Lui sont des dieux, images de Lui, le prototype. Mais, encore une fois, l'image archétypale de toutes ces images est la Parole de [le] Dieu, qui fût au commencement, et qui en étant avec Dieu est en tout temps Dieu, non possédant cela [le fait d'être Dieu] d'elle-même, mais à cause de son existence avec le Père, non en continuant d'être Dieu (...) si ce n'est en restant toujours dans une contemplation ininterrompue des profondeurs du Père Commentaire sur l'Évangile de Jean; Livre II, 2
Tertullien
La Règle de foi -- car il nous faut faire connaître dès maintenant ce que nous défendons -- est celle qui consiste à croire : « qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui n'est autre que le Créateur du monde ; que c'est lui qui a tiré l'univers du néant par son Verbe émis avant toutes choses ; que ce Verbe fut appelé son fils, qu'au nom de Dieu il apparut sous diverses figures aux patriarches, qu'il se fit entendre en tout temps par les prophètes, enfin qu'il descendit par l'esprit et la puissance de Dieu le père dans la Vierge Marie, qu'il devint chair dans son sein et que né d'elle 'sa vie devint celle de Jésus-Christ' ; qu'il 'proclama' ensuite la loi nouvelle et la nouvelle promesse du royaume des cieux, qu'il fit des miracles, qu'il fut crucifié, qu'il ressuscita le troisième jour, qu'enlevé aux cieux il s'assit à la droite du Père ; qu'il envoya à sa place la force du Saint-Esprit pour conduire les croyants (...) Avec les Églises d'Afrique qui lui sont unies, elle ne connaît qu'un seul Dieu créateur de l'univers ; Jésus-Christ, né de la Vierge Marie, fils du Dieu créateur Traité de la prescription contre les hérétiques; XIII, XXXVI
Comment supposer quil y eut quelque chose, excepté le Père, qui soit plus ancien que le Fils de Dieu, son Verbe unique et premier-né et par là même quil y a quelque chose de plus noble que lui. (...) Ce [Dieu] qui na pas eu besoin dun Créateur pour quil lui donne lexistence a un rang bien plus élevé que celui [le Fils] qui a eu un auteur Contre Hermogène; chap. XVIII
Le Père n'est pas le même que le Fils puisqu'ils diffèrent l'un de l'autre dans le mode de leur existence. Car le Père est la substance tout entière. Le Fils est la dérivation et la partie de ce tout, ainsi quil le déclare lui-même: Mon Père est plus grand que moi. (...) Le Père est donc autre que le Fils, en ce sens quil est plus grand que le Fils; en ce sens que celui qui engendre est autre que celui qui est engendré; en ce sens que celui qui envoie est autre que celui qui est envoyé; en ce sens que celui qui produit est autre que celui qui est produit Contre Praxéas; chap. 9
En vérité, nous ne rougissons pas du Christ, puisque nous sommes fiers de porter son nom et d'être condamnés pour son nom ; et pourtant nous n'avons pas de Dieu une autre conception que les Juifs. Il est donc nécessaire que je m'explique en quelques mots sur la divinité du Christ. (...) Nous avons déjà dit que Dieu a créé cet univers que nous voyons, par sa parole, par sa raison et par sa puissance. (...) Nous avons appris que Dieu a proféré cet esprit et qu'en le proférant il l'a engendré, et que pour cette raison il est appelé Fils de Dieu et Dieu même à cause de l'unité de la substance ; car Dieu aussi est esprit. (...) Ainsi l'esprit vient de l'esprit et Dieu de Dieu, comme la lumière qui s'allume à la lumière. Le foyer de la lumière demeure entier et ne perd rien, même s'il communique sa nature par plusieurs canaux. - Ainsi, ce qui est sorti de Dieu est Dieu, Fils de Dieu, et les deux ne font qu'un ; ainsi l'esprit vient de l'esprit et Dieu de Dieu ; il est le second quant à la forme, le second quant au degré, non quant à la nature, et il est sorti de sa source sans s'en être détaché Apologétique; chap. XXI, 10-13
Donc il est impossible que Paul ait rangé le Créateur parmi ces vains simulacres qui sont appelés dieux, sans l'être en effet, parce que, même en leur accordant ce titre, « il n'y a pour nous qu'un seul Dieu, qui, est le père. » De qui tout nous vient-il, sinon de celui auquel tout appartient? Et quelles sont ces choses? Les textes précédents l'expliquent: « Tout est à vous, soit Paul, soit Apollon, soit Cephas, soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les futures. » Tant il est vrai que Paul reconnaît le Créateur pour le Dieu de toutes choses, en lui attribuant le monde, la vie et la mort, qui dès-lors ne peuvent plus appartenir à un autre. Donc, parmi toutes ces choses, le Christ émane aussi du Dieu créateur Contre Marcion, Livre V, chap. VII
Sources : http://perso.wanadoo.fr/nw/trinity.html
http://www.heaven.net.nz/writings/trinity-6.htm
http://www.earlychristianwritings.com/churchfathers.html
http://www.geocities.com/johnnymcdowell/ST2B_3_Triad_and_Monad1.htm



