Les premiers chrétiens croyaient-ils en la doctrine de la « Trinité » et lenseignaient-ils ?
premire partie.
Même si de nombreux adeptes de la Trinité admettent facilement quon ne trouve dans les Saintes Ecritures aucune mention précise de cette doctrine, la plupart insiste néanmoins sur le fait quil existe dans le corps des Ecritures le fondement d'un tel enseignement, par lassociation entre deux passages, ou, comme certains le suggèrent, par linsinuation collective de tels textes. Par conséquent, afin déviter toute accusation davoir cité à tort une des sources ci-dessous, il doit être précisé que, dans ce qui précède, ou ce qui suit les passages que nous citons, certains dentre eux ont effectivement établi, dans leurs argumentations, de telles pensées sur le sujet, ou ont exprimé de tels points de vue.
Dun autre côté, il y a également un certain nombre dhistoriens et dérudits qui ont interprété le développement de tels évènements dans un sens différent, argumentant que cette croyance nétait ni enseignée, ni expliquée ou défendue au sein du Nouveau Testament ou par les premiers Chrétiens, mais quun éventuel argument en faveur de cette doctrine ou enseignement était la preuve dune corruption qui avait pris place quant au véritable enseignement de Jésus et de ses disciples. Sans aucun doute, ceci expliquerait pourquoi il a fallu près de 300 ans pour trouver une véritable expression de cette perception particulière et/ou de la compréhension de Dieu notamment comme une déclaration de foi (souvent appelée « confession ») cest-à-dire par quelque rédacteur biblique que ce soit, spécialement de la part de ceux qui ont fait leur mission dexpliquer et/ou défendre le mode de foi chrétien. En outre, certains des érudits cités ci-dessous ont également exprimé ce point de vue.
(Jai également dautres références qui napparaissent pas ci-après. Cependant, si les lecteurs de ce document en connaissent eux-mêmes dautres qui expriment une pensée similaire, japprécierais que vous men fassiez part, par email à ladresse ResearchLC@earthlink.net http://groups.yahoo.com/group/JohnOneOne/ . Merci.)
1833 Norton, Andrews (1786-1853). Des Raisons de ne pas Croire aux Doctrines des Trinitaires, au Sujet de la Nature de Dieu et de la Personne de Christ. Edité par Ezra Abbot (1819-1884), d.d, ll.d. (Cambridge : Brown, Shattuck, et Cie ; Boston : Hilliard, Gray et Cie, 1833), p. 38, 39. BX9841. N7 1833/ink83-14874.
... à lépoque des apôtres, les juifs non-croyants sopposaient au Christianisme avec passion et la plus grande véhémence. Toutes les raisons étaient bonnes pour protester. Cest dans son essence même quil faut chercher ce qui faisait que les juifs croyants ne pouvaient pas accepter cette doctrine. Les épîtres sont remplies de déclarations, dexplications et de controverses relatives à des questions qui ont leur origine dans les préjugés et les passions des juifs. Cependant, en ce qui concerne cette doctrine [la trinité], que, si elle avait effectivement été enseignée, les juifs croyants auraient reçus avec réticence, et envers laquelle les juifs non-croyants auraient manifesté une flagrante opposition, - en ce qui concerne cette doctrine, on ne trouve nulle trace dune quelconque controverse à son sujet. Par contre, si elle avait bel et bien été enseignée, elle aurait constitué le point central de controverse entre les opposants et les partisans du christianisme. Elle nest expliquée nulle part. Pourtant, plus que tout autre doctrine, elle aurait nécessité dêtre expliquée, illustrée, et imposée ; car elle semble non seulement opposée à la doctrine de lunité de Dieu, mais également à celle de lhumanité de notre Sauveur ; et ces deux doctrines auraient du y être étroitement liées. Il aurait donc fallu lexposer le plus clairement possible, la montrer sous toutes ses facettes, et éviter le plus possible quelle cause déventuelles fausses inquiétudes dans chaque camp. La prudence aurait été notamment de rigueur afin déviter les écueils dans lesquels les Gentils polythéistes récemment convertis auraient pu tomber. Or, loin dune telle clarté denseignement et dune quelconque véritable explication, la langue même du Nouveau Testament à ce sujet est une série dénigmes sur la supposition de sa véracité. Cette doctrine nest donc jamais défendue dans le Nouveau Testament, alors quelle aurait immanquablement été lobjet dattaques, et [aurait constitué] le plus grand problème dans le système chrétien si tel avait été le cas. Elle nest jamais expliquée, alors quaucune autre doctrine naurait mérité lêtre autant. Au contraire, sur la supposition de sa véracité, les apôtres sexpriment eux-mêmes de telle manière que si leur but était dassombrir et de rendre difficile daccès une telle doctrine, ils ne sy seraient pas pris autrement. Qui plus est, elle napparaît nulle part comme un article de foi, bien quelle soit représentée par ses défenseurs comme étant un fondement du christianisme.
1845 Newman, John Henry (1801-1890), Cardinal. Essai sur lEvolution de la Doctrine Chrétienne. 2e édition (1re 1845). (Londres : J. Toovey, 1846), pp 14-18, 40-42. BT21 .N5 1846 / 26-022128.
Reconnaissons que lensemble des doctrines dont notre Seigneur fait lobjet était invariablement et uniformément reconnu par lEglise Primitive... Mais il en va tout autrement de la doctrine Catholique de la Trinité. Je ne vois pas comment on peut dire quil a existé un consensus des [autorités de lEglise] primitives en sa faveur la doctrine de la divinité de notre Seigneur elle-même suggère en partie la doctrine de la Trinité et la rend partiellement acceptable le Credo de ces temps anciens ne mentionne en aucun cas la doctrine Catholique [de la Trinité] dans ses écrits. Ils [les écrits des premiers Chrétiens] ne font aucunement mention dun Trois ; mais quil existe un mystère quelconque dans la doctrine, que les Trois sont Un, quils sont co-égaux, co-éternels, tous incréés, tous omnipotents, tous incompréhensibles, nest pas établi, et na jamais pu en être déduit. Bien entendu, nous croyons quils le suggèrent, ou plutôt quils en avaient lintention.
1857 Ellis, George Edward (1814-1894). Un Demi-Siècle sur la Controverse Unitarienne, avec références spécifiques à son Origine, son parcours, et ses Sujets Marquants parmi les Congrégationalistes du Massachussetts. (Boston : Crosby, Nichols, and Company; Cambridge : Metcalf and Company, Printers to the University, 1857), Appendice VIII, La Doctrine de la Trinité, pp. 464, 465. BX9841 .E5 / 33-022268.
La déclaration doctrinale de la Trinité vient du credo Orthodoxe : aucune vague insinuation obtenue par déduction du contenu de la doctrine nest considérée comme satisfaisante. En douter est dangereux : la rejeter est fatal. On nous impose cette doctrine sous une forme littérale des plus sévère, et pourtant, aussi étrange que cela paraisse, la plupart de ses champions affirme quils nen apprécient pas les termes, et souhaiteraient pouvoir lexprimer dune façon plus adéquate. Il ny a certainement pas de réticence ni dhésitation de la part de ceux qui, croyant en cette doctrine, pensent quelle doive être réitérée et accentuée. Cependant, comment se fait-il que ni le Christ ni ses Apôtres ne nous en fournissent même pas la plus petite indication ? Si quelque chose peut être conclu avec certitude en ce qui concerne la croyance des Juifs à propos du mode dexistence Divine, cest quils ne savaient rien du dogme Orthodoxe de la Trinité. Nous devrions sûrement nous attendre à ce que les premiers enseignants chrétiens auraient été au moins aussi prompts à la proclamer comme une nouvelle révélation de la vérité, la base de toute doctrine chrétienne, que les Chrétiens modernes le sont à exiger de la part de leurs fidèles la foi en elle. Il ne suffit pas de dire que les Apôtres nont laissé aucune déclaration directe ou explicite au sujet dautres doctrines chrétiennes essentielles. Cela nest pas vrai. Ils avaient reçu un commandement de la part de leur Maître, et ils sen sont acquittés. Tout ce quil nont pas clairement enseigné doit être déclaré comme ne faisant pas partie de leur enseignement, même si leurs successeurs lont pour leur part enseigné formellement. Pierre, qui a prêché aux Juifs le premier discours chrétien après que lEglise ait été édifiée sur la tombe de son Fondateur, leur a dit que « Jésus de Nazareth, » « quils avaient mis à mort », était « un homme approuvé par Dieu de par les actions que Dieu avait accomplies à travers lui, » et que Dieu lavait relevé. Les mots ne peuvent être plus explicites. Pourtant, on na pu déduire de ces mots aucune déclaration directe de la Trinité, ni daucune autre parole des Apôtres à lattention des Juifs. En ce qui concerne les Gentils, on trouve des traces, au sein dune école de rêveurs philosophes, dune sorte de conception trinitaire, bien éloignée cependant de celles que les ecclésiastiques chrétiens reçoivent aujourdhui bien que le dogme entra dans lEglise par ce canal. Aucune déclaration directe de la doctrine na été faite par les Apôtres quand ils prêchaient aux Gentils, qui eux nen avaient certainement pas connaissance et pouvaient cependant affirmer clairement connaître la première doctrine fondamentale de lÉvangile.
1860 Lamson, Alvan (1792-1864), d.d. LEglise des Trois Premiers Siècles. (London : British and Foreign Unitarian Association, 1860), pp. 52, 70, 71, 76, 284, 341. BR165 .L3 1860 / unk81-037404.
Nous maintenons que la doctrine de la Trinité fut énoncée de façon graduelle et comparativement tardive, que son origine venait dune source entièrement étrangère à celle des Ecritures Juives et Chrétiennes ; quelle grandit et fût greffée au Christianisme par les mains des Pères Platoniciens ; quau temps de Justin, et longtemps après, la nature distincte et inférieure du Fils était universellement enseignée ; et que seuls les premiers contours indistincts de la Trinité étaient devenus visibles par la suite Linfériorité du Fils était généralement, sinon uniformément soutenue par les Pères anté-Nicéens Quils considéraient le Fils comme distinct du Père ressort à lévidence du fait quils affirmaient clairement son infériorité Ils le considéraient comme distinct et subordonné La doctrine populaire moderne de la Trinité ne trouve aucun écho dans le langage de Justin [Martyr] : et cette observation peut être étendue à tous les Pères anté-Nicéens ; cest-à-dire tous les écrivains chrétiens des 3 siècles qui ont suivi la naissance du Christ. Il est vrai quils parlent du Père, du Fils et du Prophétique ou Saint Esprit, mais pas comme co-égaux, pas comme dune seule essence numérique, pas comme Trois en Un, dans aucun sens actuellement admis par les Trinitaires. Linverse est un fait établi. La doctrine de la Trinité, comme expliquée par ces Pères, était essentiellement différente de la doctrine moderne. Nous déclarons ceci comme un fait aussi susceptible dêtre reconnu comme preuve que tout autre fait dans lhistoire des opinions humaines Ils utilisaient occasionnellement une phraséologie qui, dans la bouche des Trinitaires modernes, impliquerait une croyance selon laquelle le Fils est dune seule essence numérique avec le Père. Mais ils nont jamais pensé affirmer une telle chose. Tout au plus voulaient-ils affirmer que le Fils, engendré par le Père est dune certaine façon de la même nature spécifique (cest-à-dire de nature divine), tout comme un individu de notre race est de la même nature ou essence (cest-à-dire humaine) que le parent dont il descend. De la même manière ils enseignaient quil était relativement inférieur au Père de qui il était issu, et il navait droit de ce fait quà un hommage inférieur Nous mettons au défit quiconque de produire un seul écrivain dune quelconque note qui, pendant les trois premiers siècles, défendait cette doctrine de la Trinité dans le sens moderne.
1883 Gibbon, Edward (1737-1794). Histoire du Christianisme : y compris tout ce qui a trait au Progrès de la Religion Chrétienne dans« Histoire du Déclin et de la Chute de lEmpire Romain, » et une Défense de Quelques Passages des 15e et 16 Chapitres, avec la Vie de lAuteur, une Préface, et des Notes de lEditeur, Incluant diverses notes par Guizot, Wenck, Milman, Un Homme dEglise Anglais, et dAutres Erudits. (New York : P. Eckker, 1883), preface. BR170 .G4 / 32-030333.
Si le Paganisme a été conquis par le Christianisme, il est tout aussi vrai de dire que le Christianisme a été corrompu par le Paganisme. Le Déisme pur [note 1] des premiers chrétiens fut substitué, par lEglise de Rome, par le dogme incompréhensible de la Trinité. De nombreux principes païens, inventés par les Egyptiens et idéalisés par Platon, furent conservés comme étant dignes de foi.
1896 Harnack, Adolf von (1851-1930), Histoire du Dogme, 7 vols. Traduction de la 3e édition Allemande. Vols 1-2, traduction de Buchanan, Neil ( ?- ?), v. 3, 5, traduction de Millar, James (1857- ?) ; v. 4, traduction de Speirs, Ebenezer Brown ( ?- ?) et Millar, J. ( ?- ?), v. 6-7, traduction de MGilchrist, William ( ?- ?). Edité par Bruce, Alexander Balmain (1831-1899). (Londres : Williams & Norgate, 1896-99), vol. 3, p. 135. BT21 .H33 / 23-015420.
Lidée dun Dieu subordonné est effectivement aussi ancienne que la théologie de lEglise Chrétienne ; même les Apologistes y adhéraient, et Origène ladopta et la justifia prudemment dans sa mise au point de sa doctrine sur le Fils.
1957 Werner, Martin (1887-1964). La Formation du Dogme Chrétien : Une Etude Historique de ses Problèmes. Réécrit sous forme abregée par lauteur de son Die Entstehung des christlichen Dogmas, et traduit, avec une Introduction par S[amuel] G[eorge] F[rederick] Brandon [1907-1971]. (New York : Harper, 1957), pp. 122, 125. BT23 .W413 / 57-010528.
Durant lère chrétienne primitive [le premier siècle], on ne trouve aucun signe dun quelconque problème ou dune controverse trinitaires, comme ceux qui ont plus tard donné naissance à de violents conflits au sein de lEglise. La raison sen trouve, sans doute possible, dans le fait que, pour le Christianisme primitif, Christ était un être du monde céleste élevé des anges, qui fut créé et choisi par Dieu dans le but dintroduire, à la fin des temps, le Royaume de Dieu Cette relation fut comprise sans équivoque comme étant une « subordination », cest-à-dire dans le sens de la subordination de Christ à Dieu. Partout dans le Nouveau Testament où la relation de Jésus à Dieu le Père est prise en considération, elle est conçue et catégoriquement présentée comme une subordination. Et le subordinatianiste le plus marquant du Nouveau Testament, selon le rapport Synoptique, fût Jésus lui-même Cette position originelle, aussi ferme et manifeste fût-elle, put durer longtemps. Tous les grands théologiens anté-Nicéens présentaient la subordination du Logos à Dieu.
1957 La Nouvelle Encyclopédie des Croyances Religieuses de Schaff-Herzog, Enbrassant la Théologie Biblique, Historique, Doctrinale, ainsi que la Théologie Pratique, et une Biographie Biblique, Théologique et Ecclésiastique des Premiers Siècles à Nos Jours, Basé sur la Troisième Edition de la Realencyklopäädie fondée par J.J. Herzog, et éditée par Albert Hauck, Préparée par Plus de Six-Cents Erudits et Spécialistes sous la Supervision de Samuel Macauley Jackson (éditeur en chef) assisté de Charles Colebrook Sherman et George William Gilmore (éditeurs associés) et [al. Dont : Herzog, Johann Jakob (1805-1882); Schaff, Philip (1819-1893) ; Hauck, Albert (1845-1918); Jackson, Samuel Macauley (1851-1912), éditeur, Sherman, Charles Colebrook (1860-1927), éditeur associé ; Gilmore, George William (1825-1933), éditeur associé]. 13 vols. (New York ; London : Funk et Wagnalls Company, 1908-c1914), p. 91. BR95 .S43 / 08-020152.
Les doctrines du Logos et de la Trinité ont été modelées par les Pères Grecs, qui ont été très influencés, directement ou indirectement, par la philosophie platonicienne A partir de cette source, on ne peut nier que des erreurs et des corruptions aient pénétré lEglise.
1963 Dictionnaire Biblique. Hastings, James (1852-1922), Editeur. Edition révisée par : Grant, Frederick Clifton (1891-1974) et Rowley, Harold Henry (1890- ?). (New York : Scribner, 1963), pp. 337, 338. BS440 .H5 1963 / 62-021697.
Vigilants comme létaient les Juifs à propos du monothéisme, il est intéressant de remarquer que nulle part dans le Nouveau Testament les opposants Juifs nont taxé les Chrétiens de mouvement trithéisme ou de polythéisme, une critique juive pourtant devenue courante plus tard.
1967 La nouvelle Encyclopédie Catholique. Préparée par une équipe éditoriale de lUniversité Catholique dAmérique, Washington, D.C. (New York : McGraw-Hill, 1967-1989), vol. XIV 14), p. 299 (cest nous qui soulignons). BX841. N44 1967 / 66-022292.
La formulation « un Dieu en trois Personnes », ni sa profession de foi, nétait pas solidement établie, et ne fut certainement pas complètement ancrée dans la vie chrétienne avant la fin du 4e siècle. Cest pourtant précisément cette formulation qui la première reçut le titre de Dogme Trinitaire. Parmi les Pères Apostoliques, une telle mentalité ou perspective na jamais été abordée ni même suggérée.
1969 Henderson, Ian (1910- ?), Université de Glasgow. Encyclopédie Internationale. 20 vols. (New York : Grolier, 1969), « Trinité », p. 226. AE5 .E447 1968b / 69-010050.
La doctrine de la Trinité ne faisait pas partie intégrante de la prédication des apôtres, comme cela est rapporté dans le Nouveau Testament.
1969 Dawe, Donald G. ( ?- ?). Pas dorthodoxie, mais la Vérité. Vue densemble de la Théologie Protestante. (Philadelphie : Westminster Press, 1969), p. 21. BX4805.2 .D34 / 69-10424.
Dans sa forme définitive, la doctrine trinitaire est allée au-delà des écrits bibliques tant dans le fond que dans la forme. Elle était grandement tributaire de la pensée philosophique et religieuse de lantiquité Gréco-Romaine, tout comme létait le dogme Christologique.
1971 Wilken, Robert Louis (1936- ?). Le Mythe des origines du Christianisme : LImpact de lHistoire sur la Croyance. (Garden City, N.Y. : Doubleday, 1971), pp. 177-183. BR145.2 .W5 / 71-123712.
Depuis le tout début, la tradition chrétienne sest débattue avec la question de la relation de Jésus avec Dieu Les tout premiers chrétiens ont essayé de rendre compte de sa vie extraordinaire, de ses uvres et de sa Résurrection, et il na pas fallu attendre longtemps avant quon lappelle Fils de Dieu - puis Dieu. Cependant, Il nétait pas Dieu dans le sens où le Père était Dieu où bien létait-il ? Etait-il le créateur, était-il éternel, devait-on lui adresser ses prières ? Ces questions et bien dautres ont troublé les chrétiens consciencieux pendant presque trois siècles. Pendant ce temps, la plupart des Chrétiens pensaient vaguement à Jésus en tant que Dieu ; ils ne lont pourtant jamais considéré de la même façon quils considéraient Dieu le Père. Ils lui adressaient rarement leurs prières, et limaginaient comme en deuxième position après Dieu divin, oui, mais pas complètement Dieu Quand la controverse au sujet de la relation de Jésus à Dieu le Père a éclaté au début du quatrième siècle, la plupart des chrétiens étaient « subordinatianistes », cest-à-dire quils croyaient que Christ était Dieu mais pas exactement de la même manière que le Père était Dieu.
1976 Boer, Harry R. ( ?- ?). Histoire abrégée de lEglise Primitive. (Grand Rapids : Eerdmans, 1976), pp. 108-110. BR165 .B645 / 75-025742.
Les Pères Apostoliques : les Pères Apostoliques ont écrit entre 90 et 140 de notre ère. Leur débat au sujet de la personne de Jésus Christ se bornait à répéter les enseignements du Nouveau Testament. Aucun des Pères Apostoliques na introduit de doctrine définie sur ce point. A cet égard, le Nouveau Testament, les Pères Apostoliques et le Credo des Apôtres se rejoignent.
1978 Buckley, J.A. ( ?- ?). Lorthodoxie du Deuxième Siècle. (1978), pp. 114-15.
Jusquà la fin du deuxième siècle au moins, lEglise universelle est restée unie dans un sens fondamental ; tous reconnaissaient la suprématie du Père. Ils voyaient tous Dieu le Père Tout-Puissant comme le seul suprême, immuable, indicible et sans commencement Avec le temps et linfluence des écrivains et des dirigeants du deuxième siècle, lEglise en est venue doucement mais sûrement au stade où, lors du Concile de Nicée, le point culminant de lérosion progressive de la foi originelle fût atteint. A cette occasion, une petite minorité versatile a imposé son hérésie à une majorité consentante, et avec lappui des autorités politiques, a contraint, à force de cajoleries et dintimidations, ceux qui sefforçaient de conserver la pureté virginale de leur foi sans tâche.
1979 Cupitt, Don ( ?- ?), Conférencier en Théologie et Doyen du Collège Emmanuel, cambridge. Le débat au sujet du Christ. (Londres : SCM Press Limited, 1979), p. 108.
Mais la foi Juive en Dieu exclut tout arrangement de ce genre [une déité co-égale de Jésus et de Dieu]. On maintenait que Dieu, le Dieu dIsraël, est le seul a avoir le pouvoir absolu, et ne peut pas être divisé ou partager une co-égalité. Les rédacteurs du Nouveau Testament navaient jamais remis en question ce principe ni même pensé quils pouvaient lenfreindre. Ils nont jamais distingué des personnes co-égales en un seul Dieu ; lidée était impensable. Il était tout aussi impensable de dire que Jésus était identique à Dieu. Il était donc presque impossible dimaginer quils aient pu envisager les concepts de la divinité de Christ et de la Trinité.
1980 La Controverse Trinitaire. Tiré de la collection : Les Origines de la Pensée des Premiers Chrétiens. Rusch, William G. ( ?- ?), Directeur de Commission de Foi et dOrdre, Conseil National des Eglises du Christ aux Etats-Unis, traducteur et éditeur. (Philadelphie : Fortress Press, c1980), introduction, pp. 2, 3. BT109 .T74 / 79-008889.
La doctrine de la Trinité dans le sens Nicéen napparaît pas dans le Nouveau Testament Il nexiste pas de doctrine de la Trinité au sens strict chez les [écrits des] Pères Apostoliques, mais des formulations trinitaires sont apparentes. Le témoignage de cet ensemble de manuscrits au profit dune doctrine Chrétienne de Dieu est réduit et on ny retrouve aucun début de synthèse ni de construction théologique au-delà des écrits bibliques.
1980 Hanson, Anthony Tyrell ( ?- ?) et Hanson, Richard Patrick Crosland (1916- ?). Croyance Raisonnable, Un Aperçu de la Foi Chrétienne. (New York ; Toronto ; Melbourne ; Oxford University Press, 1980), chapitre iv « La Sainte Trinité, » section 9 « La Doctrine de la Trinité, » sous-section a « La Mise au Point de la Doctrine de la Trinité, » pp. 174, 175. BT77 .H264 / 80-40481.
[Ladoption de la doctrine de la Trinité résultat d] un processus dexploration théologique qui dura au moins trois cents ans il serait puéril de vouloir présenter la doctrine de la Sainte Trinité comme ayant été mise au point autrement La controverse arienne du quatrième siècle vérifia, remua et modifia [la] tradition doctrinale du Fils/Logos. Ce fut un processus long et embrouillé, par lequel différentes écoles de pensée au sein de lEglise trouvèrent delles-mêmes, puis tentèrent dimposer à dautres, la réponse à la question : « De quelle façon Jésus Christ est-il divin ? » Il est réellement trompeur de se représenter cette controverse [de la Trinité] comme un concours entre une orthodoxie sûre delle et bien définie dun côté, et une hérésie aveugle et pervertie de lautre. Au début de la controverse personne ne connaissait la réponse la plus juste et la plus satisfaisante. Cest une des raisons pour lesquelles la controverse a duré plus de soixante ans et a progressivement englobé toutes les autorités possibles : des conseils généraux, des Papes, des Empereurs, des Évêques, seuls ou en groupes, et les croyants dans leur ensemble (qui essayaient dapporter leur contribution sous forme démeutes). Si une controverse résolue par des procès et des erreurs a jamais existé, cest celle-ci.
1984 Lindbeck, George A. ( ?- ?), Professeur de Théologie Historique, Université de Yale. La Nature de la Doctrine : Religion et Théologie à un Age post-libéral. 1re édition. (Philadelphie : Westminster Press, c1984), p. 92. BT19 .L55 1984 / 83-027332.
Pour pouvoir discuter avec succès de linconditionnalité et de la permanence des anciennes Croyances Trinitaires, il est nécessaire de faire une distinction entre les doctrines dune part, et la terminologie et la conceptualité dans lesquelles elles ont été formulées dautre part Quelques-uns des concepts cruciaux inclus dans ces croyances, tel que « substance », « personne », et « de deux natures » sont des néologismes post-bibliques. Si ces notions particulières sont essentielles, les doctrines de ces croyances sont clairement conditionnelles, dépendantes du milieu helléniste tardif.
1986 Grant, Robert McQueen (1917- ?). Les Dieux et le Dieu Unique. 1re édition (Philadelphie : Westminster Press, c1986), pp. 109, 156, 160. BL785 .G69 1986 / 85-011443.
La Christologie des apologies, comme celle du Nouveau Testament, est essentiellement subordinatianiste. Le Fils est toujours subordonné au Père, qui est le Dieu unique de lAncien Testament Ce que nous retrouvons parmi ces premiers écrivains nest donc pas une doctrine de la Trinité Avant Nicée, la théologie chrétienne était presque universellement subordinatianiste.
1987 Dictionnaire Biblique dEedman. Myers, Allen C. (1945- ?), éditeur de la révision. John W. Simpson, John W., Jr. ( ?- ?) [et al.], éditeurs associés. Traduit de : Bijbelse Encyclopedie. Edition révisée de 1975. (Grand Rapids, Michigan : Eerdmans, 1987), p. 1020. BS440 .G7613 1987 / 87-013239.
On considère souvent les formules triadiques dans le Nouveau Testament comme des introductions à une doctrine de la Trinité expliquée, ce qui revient à lire au-delà de leur signification. 1 Cor[inthiens] 12 :4-6 ; 2 Cor[inthiens] 13 :14 sont implicitement subordinatianistes puisquils utilisent une expression « Seigneur (cest-à-dire Christ) Esprit - Dieu, » différentiant en cela les deux premiers de Dieu.