REFUTATION EXCELLENTE (3)

Publié le par Ghazali

salam alaykoum

IV. - LES DIFFERENTES APPELLATIONS
DONNEES A JESUS

1 — Ilâh - Le cas de Hallâj-ı Mansur
Cette secte, on le sait, attribue au Messie le nom de Dieu
(Ilâh), Son but est-il de le magnifier en considérant que le terme
“Dieu” se dit de tout ce qui est grand, ou bien veulent-ils
signifier par là proprement sa divinité?
Dans ce dernier cas, l’aveuglement de cette secte
dépasserait celui de toutes les autres, et ce qui les fait choir
dans de telles difficultés, c’est leur attachement à un littéralisme
que la saine raison affirme absolument étranger aux intentions
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de l’auteur. D’ailleurs combien ne trouve-t-on pas dans toute
religion révélée de sens apparents qui s’opposent à la saine
raison, mais que les docteurs de cette religion ont expliqués
allégoriquement?
C’est dans des difficultés de ce genre que sont tombés un
certain nombre de personnages illustres, dont l’un a dit: “Gloire
à moi!”, l’autre: “Que je suis grand!”, et Hallaj: “Je suis Dieu!”,
“Dans cette tunique, il n’y a que Dieu!” Cela a été mis de leur
part sur le compte des états mystiques qui restreignent le
contrôle du langage, au point que l’on a pu dire: “Ceux là sont
ivres! et les propos des gens ivres, on les tait et on les rapporte
point”. Cela s’impose parce que la saine raison déclare
impossible que le sens littéral soit voulu par l’auteur.
De plus ils ont l’air de s’encourager à marcher dans un
chemin des plus étroits, au point de devenir la risée des
railleurs sans que nul tressaillement de solidarité ne dresse
personne pour les défendre. Une porte de sortie, cependant et
une échappatoire leur seraient données, s’ils le voulaient, pour
sortir du mauvais pas où ils se sont mis. Pourquoi, en effet,
choisir ce qui offusque la raison, quand il est possible
d’entendre le texte dans un sens correct ?
2 — Rabb
Pour l’emploi du mot “Holûl”, nous l’avons déjà
élucidé. Quant au mot “Rabbi”, Seigneur, c’est un
terme commun à la fois à Allahu ta’âlâ et au
propriétaire d’une chose. On dit le “Rabb” d’une
maison, le “Rabb” d’un bien. Enfin le mot “Ilâh”, (Dieu),
est employé chez eux pour tout ce qui est grand. Î’sâ
aleihissalâm dit en effet dans l’Evangile: “Vous avez
été apelés, dans votre religion, des “dieux (Alihat)” cela
en s’adressant aux Juifs; et l’on trouve dans les
Psaumes: “Je vous ai apelés des dieux et vous êtes
tous des fils du Très-Haut”; et Allah, dans la Thora, dit
à Moûçâ: “Je t’ai établi dieu pour Pharaon et ton frère
Aaron sera ton envoyé”. De plus on applique le nom de
Dieu (Ilâh) à quiconque est adoré — à tort ou à raison.
Vraiment celui qui est engagé dans un chemin
impraticable, s’il trouve l’occasion d’en sortir, sa
Ps.
82.6
Ex.
7-1
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persévérence dans l’erreur est de l’aveuglement.
Paul a donné toute cette explications dans sa seconde lettre
au chap. IX de ses épîtres, d’une manière qui ne laisse
subsister aucun doute, sauf pour celui qui aurait perdu ses
deux guides, la Raison et la Science. Il dit donc:
“Il n’y a d’autre divinité que Dieu seul, quoiqu’il y ait
différents êtres sur terre et au ciel qui s’appellent des
dieux; et alors qu’il y a beaucoup de dieux et beaucoup
de seigneurs, nous n’avons nous qu’un seul Dieu, qui
est Dieu le Père, de qui viennent toutes choses et nous
sommes en Lui, et un seul Seigneur, qui est Jésus-
Christ, qui tient toutes choses en ses mains, et nous
sommes nous aussi en sa puissance”.
Cette démonstration est vraiment admirable! Il y met en
lumière comment les termes “Dieu” et “Seigneur” s’appliquent
également au Dieu (véritable) et à d’autres qui n’ont aucun droit
à être adorés. Puis, il attribue au Dieu adoré la qualité de
Créateur, qui a droit à l’adoration, et il fait dériver de Lui
l’existence de toute chose en disant: “De qui est toute chose et
nous, nous sommes en Lui”. Il déclare ensuite que c’est là le
vrai Dieu (Allahu ta’âlâ) et il chante sa louange en proclamant
son unicité par ces paroles: “Pour nous, nous ne reconnaissons
qu’une seule divinité, et c’est Allahu ta’âlâ”. Il dénie à tout autre
le droit à la divinité, en disant: “Il n’y a de divinité que Lui seul”!
Il a désigné après cela le Messie, en lui donnant le nom de
“Rabb”, Seigneur, dont nous avons expliqué l’ambiguité,
l’employant (lui) aussi au sens de “Propriétaire”, comme
l’indique le fait qu’il ne lui prête aucun des attributs d’Allah dont
il vient de parler mais seulement une main “possédante” (la
puissance de posséder) dont c’est le propre d’être attribuée au
possesseur.
Toutes ces indications sont admirables. L’homme intelligent
n’a pas de peine à les saisir et à les admettre. Je voudrais bien
savoir de quelle manière cette Loi religieuse a été établie sur
des absurdités aussi grossières! L’ignorance les a entraînés,
ainsi que l’insolence à l’égard d’Allahu ta’âlâ, de ses Prophètes,
ces guides du peuple, des saints, ses intimes, jusqu’à forger
dans leur esprit des fables qu’ils se sont racontées, les uns aux
I Cor.
8.4-6
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autres. Ainsi, ils sont d’accord pour dire que les enfants d’Adam
ont été punis du fait de la désobéissance de leur premier père;
et que tous les Prophètes et les Saints ont été précipités en
Enfer. Ensuite que leur Dieu leur a promis de les racheter; qu’il
les a payés d’une rançon généreuse; mais que la parfaite
générosité chez celui qui rachète, consiste à se livrer soimême.
Or, comme son essence est simple, et ne saurait ainsi
souffir dommage ni peine, Dieu s’est uni à l’humanité de Hadrat
‘Isâ. Cette humanité à laquelle il s’est uni a été ensuite
crucifiée, et sa crucifixion est la cause du salut des prophètes
et des saints et de leur délivrance de l’Enfer! Oui, par Allah, le
TRès-Haut, on ne peut trouver de gens aussi sots!
3 — Les noms de “Fils” et de “Père”
Quand à vouloir attribuer, comme ils le font, à Allahu ta’âlâ
la Paternité et la Filiation à Î’sa aleihissalâm, dans l’espoir d’y
trouver quelque avantage, ou d’établir une propriété qui
entraînerait le privilège en question, en fait, il ne leur sert de
rien. La preuve en est que dans la Thora, au contenu de
laquelle ils ajoutent foi, il est dit: “Israël, mon fils aîné”; et aussi:
“Dis à Pharaon que si tu n’envoies pas mon fis aîné adorer
dans le désert, je tuerai ton fils aîné”, voulant désigner par là le
peuple d’Israël. Or, leur nombre était alors 600.000, sans
compter les femmes et les enfants. Voilà comment s’exprime la
Thora.
Dans les Psaumes de David — David d’après eux
ne s’exprime dans ses Psaumes que sous l’inspiration
divine — on trouve aussi: “Vous êtes tous les fils du
Très-Haut! Et Hadrat Î’sa s’est appliqué ce même
langage, à lui et aux siens, en disant: “Je monte vers
mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu”.
Croire encore que l’auteur de ces paroles puisse être
Dieu, c’est vraiment s’égarer loin de l’évidente vérité.
En outre il a appliqué ce langage à ses seuls auditeurs,
lorsqu’il dit dans l’Evangile de Luc:
“Ne coupez l’espérance de personne, votre
récompense sera grande et vous serez les fils du Très
Haut, car il est miséricordieux envers les non-
Ps.
82.6
Jo.
20-17
Lc.6
35-36
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misericordieux et les méchants; soyez vous-même
miséricordieux comme votre Père.”
Son disciple Jean a usé du même langage quand il
eut compris le sens métaphorique que nous allons
indiquer. Il a dit en effet dans son Epître: “Celui qui
reconnaît que Jésus est le Messie celui-là est né de
Dieu”. Le sens dans lequel il a employé cette
métaphore, tout en certifiant qu’il ne l’entendait pas
dans son sens littéral, est qu’un Père est par nature
porté à une grande tendresse, clémence, miséricorde
et pitié envers son fils, qu’il est attentif à attirer sur lui
toutes sortes de biens et à en détourner toutes sortes
de maux, qu’il s’efforce de le guider dans les chemins
du bonheur, qu’il le pousse de s’y engager, qu’il
s’empresse de le prémunir contre ce qui aboutit au
châtiment à l’infamie, à quelque dommage persistant
ou à quelque aveuglement d’esprit qui lui voilerait la
cause de dommage plus grand dans l’avenir. Voici la
nature du père, telle que nous la voyons.
Quant au fils, sa nature est d’être respectueux envers son
père, déférent à son égard, plein de retenue en sa présence,
docile à ses ordres, les accueillant avec des marques de
révérence et de respect, n’y contrevenant point, se tenant à ce
qu’il lui prescrit et lui défend.
Or, pour Allahu ta’âlâ, si l’on considère sa bonté envers tout
être, sa miséricorde et sa compassion à son égard, les biens
qu’il lui promet et les maux qu’il écarte de lui, la révélation qu’il
lui fait enfin de ce qui convient à sa majesté, les moyens qu’il lui
donne de s’en acquitter, alors, en regard de cela, ce que fait un
père de la terre, apparaît bien insignifiant et méprisable.
D’un autre côté, la respectueuse attitude des prophètes
envers Dieu, leur retenue avec lui, leur docilité à ce qu’IL
commande, leur soumission à ce qu’Il défend, leur révérence à
son égard est chose plus admirable que la conduite des
enfants envers leur père. Dieu est ainsi pour eux le plus
miséricordieux des pères et ils sont pour lui les plus pieux des
fils. C’est là le sens profond de la métaphore lorsqu’on emploie
ces termes. Donc, lorsque Hadrat Î’sa use de la métaphore en
I Jo.
5.1
- 46 -
appliquant le mot “Père” à Allahu ta’âlâ, le sens en est qu’Allah
est miséricordieux et bienveillant à son égard; et quand il
s’applique à lui-même le mot “Fils”, le sens en est qu’il est plein
de profond respect et de révérence pour Allah. C’est ainsi
également qu’il faut entendre ses paroles, quand il exhorte à ne
pas ôter l’espérance. Il veut dire: “si vous Lui obéissez en tous
ces préceptes, Il vous traitera comme le père traite son enfant”.
C’est aussi le sens des paroles de son disciple: “Celui-là est né
de Dieu...” Voilà donc le mystère de ces expressions que les
Prophètes avaient pénétrées. Aussi leur fut-il permis de le faire
passer dans leur langage, se fiant à l’intelligence de celui que
son discernement saurait préserver des imaginations
trompeuses. Et voici maintenant que les Chrétiens eux-mêmes
en viennent à employer ce terme couramment. En effet, s’ils
voient un religieux ou un prêtre, ils lui disent: “Notre Père”, alors
qu’il n’est pas réellement leur père. Mais ils ont dans l’esprit, en
recourant à cet emploi, ce que nous avons indiqué, c’est-à-dire
qu’ils assimilent, pour ses sentiments de compassion, le prêtre
à un père, et qu’ils s’assimilent eux-mêmes, par le respect qu’ils
lui portent, à des fils.
David, lui aussi, a exprimé dans ses Psaumes ce
que nous avons signalé. Il dit: “Comme un père est
compatissant envers ses enfants, de même le
Seigneur se montre compatissant envers ceux qui le
craignent”.
Il suit de ce que nous avons dit que le terme de “Fils”
attribué à Î’sa ne contient aucune particularité qui le mette à
part des autres.
L’Evangile lui-même confirme clairement cette
interprétation par ces paroles: “Il leur a donné le
pouvoir de devenir fils de Dieu”, c’est-à-dire il leur a
donné de pouvoir bénéficier des dispositions indiquées
ci-dessus et qui dérivent de la Paternité, suivant
l’explication fournie.
Ps.
103.13
Jo.
1.12
- 47 -
suite V — DISCUSSION DE TROIS ARGUMENTS DES
CHRETIENS

salam
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Publié dans études pro-islamique

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